Nos forêts, 71mn, 2021
produit par Alter Ego production & Nottetempo


" Maurice, opérateur de prise de vue, séjourne dans un hameau désert du Massif Central. La forêt alentour est hantée par un loup. Bientôt les fantômes surgissent. "






Autour du film :

" Hiver 2018. Un journal local évoque la réapparition soudaine d'un loup dans les bois d’un village isolé en montagne.

J'ai le désir d'en faire le point de départ de mon prochain documentaire. Je décide d’aller, seul, m’installer pendant un mois, dans ce village.

Mais, à peine installé dans mon gîte, juché à l'écart du village, j'ai beau appeler tous les éleveurs du canton, personne ne se laisse approcher. Des refus méfiants et obstinés me condamnent à une solitude absurde.

Paradoxalement, j'en suis soulagé. La résistance des habitants me libère. Je vais enfin rester seul, à l'écart et souffler un peu. C’est inespéré. Seul pour me perdre dans une sorte d'ivresse d’isolement, en pleine nature.

Je trouve revigorant de jouir de cette situation dérisoire de blocage et de pouvoir en raconter toute l'ironie. Un personnage naît : Un semblable, pris dans les glaces de la montagne et de la solitude, hanté par ses propres fantômes.

Je filme. Caméra à la main. Ou même, au comble de ma réclusion, caméra sur un pied, entrant dans le cadre pour incarner ce personnage .
J'invente de rares rencontres. J'invite quelques personnes filmées dans mes films précédents à venir jouer un rôle. Notre complicité ancienne nous porte.

Au fur et à mesure de mon séjour, je ne vois plus autour de moi que les corps vulnérables du bétail parqué, et ceux des rares habitants, éleveurs, confrontés à la dureté de la tâche, dureté des éléments qu’ils essaient de maitriser, précarité de leur situation économique.

Le loup invisible devient l’allégorie d’une menace, d’un hasard qui rôde autour de chaque vie et peut brutalement en détourner le cours, et plus radicalement du temps qui dévore les vies, les souvenirs et les corps. "
Matthieu Chatellier